Produits structurés Stellantis : comprendre vos pertes, et trouver des solutions

Mis à jour le 5 Nov, 2026

Entre 2022 et 2024, des milliards d'euros ont été placés dans des produits structurés indexés sur l'action Stellantis, souvent présentés comme des placements à coupons élevés, de 10 à 14 % par an, avec une protection du capital. L'effondrement du titre en 2026 a fait voler cette protection en éclats : selon la presse financière, environ 2,5 milliards d'euros d'épargne sont concernés, et certains produits valent aujourd'hui moins de 10 % de leur prix d'achat.

Si vous détenez l'un de ces produits, vous vous demandez sans doute comment une telle perte a été possible, ce que vaut encore votre placement et si vous avez des recours. Cet article répond à ces trois questions, exemple chiffré à l'appui, et explique le rôle d'un mécanisme souvent passé sous silence lors de la vente : le décrément.

L'essentiel en bref

  • 1 L'action Stellantis a perdu plus de 25 % le 6 février 2026, après l'annonce de 22,2 milliards d'euros de charges et la suppression du dividende, puis est passée sous 5 € au cours de l'été.
  • 2 De nombreux produits n'étaient pas indexés sur l'action elle-même, mais sur un indice à décrément qui retire chaque année un montant fixe : avec la suppression du dividende, ce mécanisme a amplifié les pertes.
  • 3 Dans notre exemple, une baisse de 72 % de l'action se traduit par une baisse d'environ 91 % de l'indice de référence du produit.
  • 4 Avant de décider de conserver ou de vendre, il faut identifier précisément votre produit : sous-jacent exact, type de barrière, échéance et valeur de rachat.
  • 5 Si le produit était inadapté à votre profil ou si ses risques ne vous ont pas été expliqués, une réclamation écrite puis la saisine d'un médiateur sont possibles, sans avocat et sans frais.

Dans les faits : de la chute de l’action aux pertes des épargnants

Les pertes sur les produits structurés Stellantis ne viennent pas d'un défaut de l'émetteur, mais de la combinaison d'une chute boursière brutale et de mécanismes de produits qui l'ont amplifiée. Pour comprendre votre situation, il faut d'abord reprendre la chronologie.

Une chute boursière historique

Le 6 février 2026, Stellantis a annoncé environ 22,2 milliards d'euros de charges exceptionnelles liées à la révision de sa stratégie de véhicules électriques, une perte massive pour le second semestre 2025 et la suppression de son dividende. Le jour même, l'action a perdu 25,24 %, à 6,11 euros, la plus forte baisse en une séance de son histoire. Le titre a ensuite continué de reculer : il est passé sous 5 euros pendant l'été 2026 et évoluait encore à des plus bas de plusieurs années en octobre.

DateÉvénementCours de l'action
Printemps 2024Plus haut de la période de commercialisation des produitsAutour de 25 €
2025Dividende divisé par deux, recul continu du titreDe 13 € à 8 € environ
6 février 2026Charges de 22,2 Md€, suppression du dividende6,11 € (−25,24 % en séance)
Été 2026Plus bas de cinq ansSous 5 €
Octobre 2026Nouveaux plus bas annuelsAutour de 3,70 €
Chronologie de l'évolution boursière et des annonces financières majeures impactant les niveaux de valorisation du titre.

Pour un actionnaire, la baisse depuis 2024 dépasse 80 %. Pour le détenteur d'un produit structuré, la perte dépend du mécanisme précis du produit, et elle peut être plus forte encore.

L'ampleur pour les épargnants

Selon les estimations reprises par la presse financière à partir des bases de données spécialisées, plus de 2 milliards d'euros ont été investis dans des produits structurés indexés sur Stellantis entre 2022 et 2024. En mai 2026, une enquête du Monde estimait que près de 80 % des produits encore en vie étaient sous leur seuil de protection ou s'en approchaient. Les pires d'entre eux affichent des valeurs de rachat inférieures à 10 % de leur valeur nominale.

Ces produits ont été distribués par trois canaux principaux : les banques privées et les réseaux bancaires, les conseillers en gestion de patrimoine et les contrats d'assurance-vie, où ils figurent comme unités de compte. Une action collective a été engagée aux États-Unis contre Stellantis, mais elle concerne les acheteurs d'actions cotées à New York, pas les détenteurs de produits structurés vendus en France.

Pourquoi Stellantis était si utilisé

Le choix de Stellantis comme sous-jacent n'était pas un hasard. Le titre était connu de tous, très liquide, et surtout volatil. Or, dans un produit structuré, plus le sous-jacent est volatil, plus le coupon affiché peut être élevé : la banque qui fabrique le produit vend en réalité au client une protection conditionnelle dont la valeur augmente avec le risque. Ajoutez un dividende élevé, qui permettait de construire des indices synthétiques attractifs, et vous obtenez des coupons de 12 à 14 % par an, faciles à présenter.

La contrepartie était simple, mais rarement mise en avant : un rendement de 12 % sur une seule action signifie que le marché juge le risque de forte baisse élevé. Stellantis n'est pas responsable de ces pertes ; c'est la construction et la distribution de ces produits qui posent question.

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Le décrément, le mécanisme qui a aggravé les pertes

Beaucoup d'épargnants pensent avoir investi « sur Stellantis ». En réalité, une grande partie des produits ne suivait pas l'action elle-même, mais un indice synthétique construit à partir de l'action, dont la performance était amputée chaque année d'un montant fixe : le décrément.

Qu'est-ce qu'un indice à décrément ?

Un indice à décrément reprend la performance d'une action, dividendes réinvestis, puis lui retire chaque année un montant forfaitaire, censé représenter le dividende. Par exemple, un indice « Stellantis Decrement 1,34 » retire 1,34 point par an, quel que soit le dividende effectivement versé. Le nom de l'indice figure dans la documentation du produit, mais il est souvent noyé dans les termes techniques.

Pour la banque qui fabrique le produit, ce mécanisme supprime l'incertitude sur les dividendes futurs et permet d'afficher un coupon plus élevé. Pour l'épargnant, il crée un handicap permanent : l'indice part avec un retard qui se creuse chaque année, et l'action doit progresser davantage pour que le produit verse ses coupons ou rembourse le capital.

À savoir

Le 29 janvier 2026, l'AMF a publié une étude appelant les établissements à clarifier l'usage du décrément et la présentation des frais dans leurs brochures commerciales. Selon sa cartographie, plus d'un tiers des produits structurés récents reposent sur des indices à décrément.

Décrément en points ou en pourcentage : une différence décisive

Le décrément peut être exprimé en pourcentage (par exemple 5 % de la valeur de l'indice chaque année) ou en points (un montant fixe, comme 1,34 point). La différence paraît technique ; elle est en réalité décisive quand l'action s'effondre.

Un décrément en pourcentage diminue avec l'indice : si l'indice est divisé par deux, le prélèvement l'est aussi. Un décrément en points reste fixe : plus l'action baisse, plus le prélèvement pèse lourd en proportion. Sur un indice lancé à 13,40, un décrément de 1,34 point représente 10 % par an au départ ; lorsque l'action tombe à 3,70 euros, ce même 1,34 point représente plus de 36 % de sa valeur chaque année. L'indice peut alors tendre vers zéro, et certains indices sont définitivement figés une fois ce niveau atteint.

36 %

C'est le poids annuel d'un décrément de 1,34 point lorsque l'action Stellantis vaut 3,70 euros, contre 10 % au lancement du produit.

Un cas chiffré : comment un produit perd 91 % quand l’action en perd 72 %

Pour mesurer concrètement l'effet du décrément, prenons un produit typique de ceux qui ont été commercialisés en 2024. L'exemple est illustratif et simplifié ; chaque produit a ses propres paramètres, qu'il faut lire dans sa documentation.

Le produit

Un épargnant investit 100 000 euros en octobre 2024 dans un produit de type « Phoenix », d'une durée maximale de huit ans, indexé non pas sur l'action Stellantis mais sur un indice Stellantis à décrément de 1,34 point par an. Au lancement, l'indice vaut 13,40, comme l'action. Le produit promet un coupon d'environ 1 % par mois tant que l'indice reste au-dessus d'un seuil, et le remboursement intégral du capital à l'échéance si l'indice est au-dessus de 50 % de son niveau initial, soit 6,70.

Sur le papier, la promesse est séduisante : 12 % par an, et une protection du capital jusqu'à une baisse de moitié. Pour l'épargnant, l'action Stellantis ne pouvait pas, croyait-il, perdre la moitié de sa valeur. La brochure mentionnait bien un risque de perte en capital partielle ou totale, mais le mot « protection » occupait toute la place.

Ce que vaut le produit en octobre 2026

Action Stellantis (Situation à fin octobre 2026)
Niveau initial (octobre 2024)13,40 €
Niveau actuel≈ 3,70 €
Baisse constatée−72 %
Barrière de protection du capital (seuil à 6,70 €)Largement franchie
Le franchissement à la baisse de la barrière de protection expose désormais le produit structuré au risque de perte en capital à l’échéance finale.

Les coupons ne sont plus versés depuis longtemps. Si l'indice restait à ce niveau jusqu'à l'échéance, l'épargnant récupérerait environ 9 % de son capital, soit 9 300 euros sur 100 000. Sans décrément, sur l'action elle-même, il aurait récupéré environ 28 %. L'écart, près de 19 000 euros, est le coût du décrément.

Ce qu'il faudrait pour récupérer le capital

Pour que l'indice repasse au-dessus de 6,70 à l'échéance de 2032, il faudrait compenser à la fois la baisse passée et les six années de décrément restantes, soit 8 points supplémentaires. Concrètement, l'action Stellantis devrait plus que quadrupler, en l'absence de dividende, pour que le capital soit remboursé intégralement.

Ce n'est pas impossible, mais c'est un pari très éloigné de la promesse initiale d'un placement « protégé ». C'est aussi pourquoi la décision de conserver ou de vendre doit reposer sur des chiffres précis, et non sur l'espoir d'un rebond : chaque année qui passe ajoute un décrément qui éloigne un peu plus le seuil de remboursement.

Exemple

Sur le même produit, avec une barrière européenne (constatée uniquement à l'échéance) plutôt qu'une barrière continue, le franchissement actuel ne serait pas définitif : tout se joue au niveau de l'indice à la date de constatation finale. Le type de barrière change donc radicalement la situation.

Pourquoi ces produits n’auraient pas dû se retrouver chez certains épargnants

Un produit structuré sur une seule action, à décrément, n'est pas illégal. Il peut avoir sa place, pour une petite part, dans le portefeuille d'un investisseur averti qui en comprend le fonctionnement. Le problème vient de la manière dont certains ont été distribués : à des épargnants prudents, pour une part importante de leur épargne, sans explication du décrément.

Des coupons élevés qui rémunèrent aussi le distributeur

Une grande partie des conseillers en gestion de patrimoine et des banques sont rémunérés, en tout ou partie, par des commissions versées par les fabricants des produits qu'ils placent. Sur un produit structuré, ces frais de distribution, souvent de l'ordre de 1 % par an de durée de vie du produit, sont intégrés dans sa construction et invisibles pour le client. Plus un produit affiche un coupon spectaculaire, plus il se vend facilement.

Ce modèle n'est pas fautif en soi, et de nombreux professionnels l'exercent avec rigueur. Mais il crée une tentation évidente : privilégier les produits les plus vendeurs plutôt que les plus adaptés. Les produits structurés représentaient, au premier trimestre 2026, près d'un tiers des unités de compte collectées en assurance-vie sur certaines plateformes destinées aux conseillers, et la majorité de la collecte en comptes-titres.

L'adéquation au profil : la question centrale

La réglementation impose à tout conseiller de vérifier que le produit recommandé correspond aux objectifs, à la situation financière, à l'expérience et à la tolérance au risque de son client. Il doit le formaliser dans une déclaration d'adéquation remise avant la souscription. Un produit à sous-jacent unique et à décrément, susceptible de perdre la quasi-totalité du capital, ne correspond pas à un épargnant au profil prudent, ni à une part importante de son patrimoine.

Plusieurs signaux doivent alerter dans votre propre dossier :

  • votre questionnaire vous classait comme prudent ou équilibré ;
  • le produit représentait une part importante de votre épargne, au-delà de quelques pour cent ;
  • plusieurs produits du même type, sur la même action ou des actions similaires, ont été souscrits ;
  • le mot « protection » ou « capital garanti » a été utilisé à l'oral sans mention claire des conditions ;
  • personne ne vous a expliqué ce qu'était le décrément.

Une information souvent incomplète

Le document d'informations clés (DIC) de ces produits mentionnait le risque de perte totale, et la brochure le nom de l'indice à décrément. Juridiquement, l'information existait. Mais l'obligation du conseiller ne s'arrête pas à la remise d'un document : il doit expliquer les risques en termes compréhensibles, à plus forte raison pour un produit complexe vendu à un non-spécialiste.

C'est précisément sur ce terrain que l'AMF a demandé aux établissements de clarifier la présentation du décrément et des frais. Chaque dossier doit néanmoins être analysé individuellement : une perte, même lourde, ne prouve pas à elle seule une faute de commercialisation.

Attention

Un produit structuré n'est jamais « garanti » au sens propre : la protection du capital est conditionnelle, et elle dépend aussi de la solidité de la banque émettrice. Toute présentation qui l'a laissé entendre doit être notée dans votre dossier.

Vous détenez un produit Stellantis : que faire maintenant ?

Avant toute décision, la priorité est de savoir exactement ce que vous détenez. Deux produits « Stellantis » peuvent avoir des perspectives radicalement différentes selon leur sous-jacent, leur barrière et leur échéance.

Identifier précisément votre produit

Retrouvez la brochure commerciale, les conditions définitives et le document d'informations clés, ou demandez-les à votre conseiller ou à votre assureur. Relevez les éléments suivants :

  • le code ISIN et le nom exact du sous-jacent : action Stellantis ou indice à décrément, et dans ce cas le montant et la nature du décrément ;
  • le niveau de la barrière de protection du capital et son type : continue (« américaine »), quotidienne, ou constatée seulement à l'échéance (« européenne ») ;
  • les dates de constatation, l'échéance finale et la présence d'un effet mémoire sur les coupons ;
  • la banque émettrice et sa notation ;
  • la valeur de rachat actuelle, communiquée par l'assureur ou le teneur de compte.

Si la barrière est continue et a été franchie, la perte est en principe acquise et sera constatée à l'échéance selon le niveau de l'indice. Si elle n'est constatée qu'à l'échéance, tout reste à jouer, mais le décrément continue de peser chaque année.

Conserver, vendre, arbitrer ou restructurer 

La décision se prend en comparant deux chiffres : ce que vaut le produit aujourd'hui, et ce qu'il peut raisonnablement valoir à l'échéance, compte tenu du décrément restant. Garder un produit dont l'indice doit quadrupler pour rembourser le capital est un pari ; vendre au plus bas cristallise la perte. Entre les deux, le capital récupéré peut être réinvesti dans des placements qui rapportent dès maintenant, à l'heure où la hausse des taux permet d'obtenir près de 5 % sur des obligations de qualité.

SituationPiste à étudier
Barrière européenne, échéance lointaine, décrément en pourcentageConserver peut se justifier, avec un suivi régulier de la trajectoire du sous-jacent.
Barrière continue franchie, décrément en pointsComparer la valeur de rachat au scénario réaliste à l'échéance ; une sortie peut limiter le coût d'opportunité.
Valeur de rachat quasi nullePeu à gagner à vendre ; l'enjeu porte sur les voies de recours et la résilience du reste du patrimoine.
Plusieurs produits du même typeRevoir l'ensemble du portefeuille et réduire la concentration sectorielle ou indicielle.
L'impact d'un dividende synthétique (décrément) et le type de barrière (continue ou à maturité) sont déterminants dans l'arbitrage d'un produit dégradé.

L'enveloppe et la fiscalité

Dans un contrat d'assurance-vie, l'arbitrage d'une unité de compte vers une autre ne déclenche aucune imposition : sortir d'un produit Stellantis pour réinvestir dans le contrat est donc neutre fiscalement. La moins-value reste en revanche « logée » dans le contrat, et ne s'impute pas sur d'autres gains.

Dans un compte-titres, une vente en moins-value permet de constater une perte imputable sur les plus-values de l'année et des dix années suivantes. Ce point peut peser dans le choix du moment de la vente, notamment si vous avez réalisé des plus-values par ailleurs. Dans les deux cas, conservez précieusement tous les documents avant toute opération : ils seront indispensables si vous engagez un recours.

Choisir un conseiller qui vous accompagne dans la restructuration de votre patrimoine

Au-delà du produit lui-même, l'affaire Stellantis pose une question de confiance. Les épargnants touchés ont souvent le sentiment d'avoir été traités comme des acheteurs de produits plutôt que comme des clients conseillés. Pour la suite, quelques questions simples permettent de bien choisir son cabinet de gestion de patrimoine.

Les questions à poser

  • Comment êtes-vous rémunéré sur les produits que vous me recommandez, et combien ?
  • Quelle part de mon patrimoine placeriez-vous en produits structurés, au maximum ?
  • Ce produit repose-t-il sur une seule action ou sur un indice large ? Comporte-t-il un décrément ?
  • Que se passe-t-il, chiffres à l'appui, si le sous-jacent perd 50 % ou 70 % ?
  • Comment suivrez-vous ce produit, et à quelle fréquence m'en rendrez-vous compte ?

Un conseiller sérieux répond à ces questions sans détour et par écrit. Une hésitation, ou une réponse centrée sur le coupon, est un signal d'alerte.

Notre approche des produits structurés

Chez Agora Finance, les produits structurés restent une brique minoritaire et encadrée des allocations. Nous n'utilisons pas d'indices à décrément, que nous jugeons incompatibles avec une gestion sécurisée et durable : ils créent un handicap permanent qui se retourne contre l'épargnant précisément quand le marché baisse. Nous privilégions les sous-jacents larges, comme les indices de taux ou les grands indices actions, et limitons la part de ces produits dans chaque patrimoine.

Un coupon de 12 % sur une seule action n'est pas un rendement, c'est le prix d'un risque. Le décrément ajoute un handicap que la plupart des clients n'ont jamais vu expliqué. Notre rôle n'est pas de vendre le produit le plus séduisant, mais de construire un patrimoine qui tienne quand le marché se retourne.
AG Aurélien Guichard Président d'Agora Finance, multi family office

Questions fréquentes

Mon produit structuré Stellantis est-il définitivement perdu ?

Pas nécessairement. Tout dépend de son sous-jacent, du type de barrière et de son échéance. Avec une barrière constatée seulement à l'échéance, la situation peut encore évoluer ; avec une barrière continue franchie et un décrément en points, la perte est en principe acquise et ne pourrait être effacée que par un fort rebond.

Qu'est-ce qu'un indice à décrément ?

C'est un indice synthétique qui reprend la performance d'une action, dividendes réinvestis, puis lui retire chaque année un montant fixe, en points ou en pourcentage. Quand le dividende est supprimé ou que l'action s'effondre, ce prélèvement amplifie la baisse.

Comment savoir si mon produit comporte un décrément ?

Le terme « decrement » ou « décrément » figure en général dans le nom de l'indice de référence, indiqué dans la brochure, le DIC et les conditions définitives. Le montant, par exemple 1,34 point ou 5 %, y est également précisé.

Puis-je être indemnisé ?

C'est possible si le produit était inadapté à votre profil ou si ses risques ne vous ont pas été correctement expliqués. Il faut adresser une réclamation écrite, puis saisir le médiateur compétent en cas d'échec. Le préjudice indemnisé correspond souvent à une perte de chance, et non à l'intégralité de la perte.

Quel médiateur saisir ?

Le médiateur de l'AMF pour un produit en compte-titres ou conseillé par un conseiller en investissements financiers ; la Médiation de l'Assurance pour un produit logé dans un contrat d'assurance-vie. Dans les deux cas, une réclamation écrite préalable est obligatoire.

Dois-je vendre mon produit maintenant ?

Il n'y a pas de réponse générale. La décision dépend de la valeur de rachat, du scénario réaliste à l'échéance compte tenu du décrément, de l'enveloppe fiscale et du reste de votre patrimoine. Conservez tous les documents avant toute opération.

Ai-je un délai pour agir ?

Oui. Le médiateur doit être saisi dans l'année qui suit votre réclamation écrite, et l'action en justice se prescrit en principe par cinq ans à compter de la connaissance du dommage. Il est préférable d'engager les démarches sans attendre l'échéance du produit.

L'action collective américaine contre Stellantis me concerne-t-elle ?

Non. Elle vise les acheteurs d'actions Stellantis cotées aux États-Unis, et met en cause la communication financière du groupe. Les détenteurs de produits structurés vendus en France relèvent des recours contre le professionnel qui les leur a conseillés.

Être accompagné. Agora Finance, multi family office indépendant fondé en 2007 à Paris, analyse les produits structurés détenus par les épargnants, qu'ils soient ou non nos clients : lecture de la documentation, valeur réaliste à l'échéance, options de sortie et réorganisation du patrimoine. Faire analyser vos produits structurés.

Sources : communications de Stellantis du 6 février 2026 ; AMF, étude du 29 janvier 2026 sur la commercialisation des produits structurés ; AMF et ACPR, cartographie des produits structurés ; AMF, médiateur et procédure de réclamation (amf-france.org) ; Code civil, article 2224 ; presse financière (Les Échos, Le Monde, BFM Bourse), février à octobre 2026.

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Aurélien Guichard

Aurélien Guichard

FONDATEUR, DIRECTEUR ASSOCIÉ

Depuis plus de 20 ans, Aurélien Guichard a développé une expertise en gestion privée et gestion de fortune. Diplômé d’un Master in international Business, membre de la Chambre Nationale des Conseils en Gestion de Patrimoine (CNCGP), il anime le développement du groupe Agora finance Gestion Privée qu’il a fondé en 2007.

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